Depuis quelques mois, le gouvernement de la République Démocratique du Congo a du mal à payer régulièrement les fonctionnaires, souvent rémunérés après plusieurs semaines de retard. La situation s'est aggravée depuis janvier 2026. À ce jour, de millions de fonctionnaires n'ont pas encore encaissé leurs salaires du mois de janvier. Les caisses de l'État sont déficitaires. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ? Plusieurs experts en finances publiques, dont le professeur Pasteur Godé Mpoyi, ont pourtant sonné l'alerte !
Les finances publiques en RDC traversent une période de forte tension marquée par des déficits budgétaires récurrents, avec un trou de plus de 1000 milliards CDF dès janvier 2026 et un déficit cumulé de 5586 milliards CDF fin 2025. Malgré des efforts de mobilisation des recettes (DGI, DGDA, DGRAD), la pression des dépenses courantes et de sécurité pèse sur l’équilibre budgétaire. Le pays affiche un risque de surendettement modéré, et si on y prend garde, pourrait plonger la nation dans une hécatombe.
L’état de lieux des finances publiques en 2025 est vraiment inquiétant. Le gouvernement est donc appelé à rectifier le tir afin d’éviter au pays de lendemains incertains.

Notons qu’en 2025, les finances publiques de la RDC sont caractérisées par une forte tension de trésorerie, marquée par des déficits récurrents (528 millions USD en mars, 4 110,6 milliards CDF cumulés à fin novembre) supérieurs aux prévisions. Malgré une croissance économique résiliente (estimée à 6,2 % en 2023), les dépenses, notamment le fonctionnement des institutions, le train de vie de leurs animateurs et les salaires, pèsent lourdement sur le budget, creusant l’écart nonobstant la collecte de recettes par les régies financières.
Aujourd’hui, la gestion budgétaire est caractérisée par un Déficit de Trésorerie. Au 30 novembre 2025, les recettes ont atteint 26 342,1 milliards de CDF contre des dépenses de 30 452,8 milliards de CDF. La pression sur les dépenses est énorme, surtout avec l’effort de guerre qui est considérable ( Les dépenses pour financer les opérations militaires à l’Est du pays sont abyssales). Et, une autre grande partie des dépenses est destinée au fonctionnement des institutions et aux salaires des fonctionnaires.

Concernant la Dette Publique, le pays présente un risque réel de surendettement, avec un ratio dette/PIB qui se stabilise, mais avec une augmentation de la dette intérieure (subventions pétrolières). Le financement du déficit se fait par l’émission de titres publics, tandis que certaines entreprises publiques sont en difficulté. La gestion de la trésorerie reste donc fragile et nécessite une discipline budgétaire stricte pour éviter l’asphyxie économique.
Soulignons que les difficultés de l’État congolais à payer régulièrement les fonctionnaires résultent certes d’une combinaison de contraintes budgétaires, de la baisse des recettes, et, plus encore, des dépenses prioritaires de guerre. Cette crise de trésorerie est, par ailleurs, accentuée par une masse salariale élevée, la corruption (fonctionnaires fictifs), et la difficulté de bancariser les zones en conflit.
Selon des analystes, plusieurs facteurs expliquent clairement l’état actuel des finances publiques en République Démocratique du Congo. Il y a notamment l’augmentation des rémunérations dans l’éducation et la santé, sans contrepartie de recettes suffisantes, les problèmes de gouvernance et de corruption ( De milliers de fonctionnaires fictifs, souvent liés à des réseaux mafieux), la difficulté de bancarisation ( Dans les zones sous occupation des groupes armés, le paiement est chaotique, et les prélèvements de commissions sur la paie accentuent la précarité), la faible productivité de agents publics, qui perçoivent des primes malgré un rendement médiocre.
Ces facteurs conjugués entraînent le flop de l’économie et des finances publiques en République Démocratique du Congo. Le gouvernement doit sérieusement s’y pencher pour trouver des solutions idoines et épargner ainsi le pays d’une asphyxie généralisée des finances publiques dont les conséquences seraient désastreuses et dramatiques pour le peuple.
La Rédaction 7 - +243815024838





