En décembre 2023, en pleine campagne pour sa réélection, le Président Félix Tshisekedi avait promis une victoire rapide contre les rebelles du M23. Plus de sept mois plus tard, la situation à l’Est du pays s’est considérablement détériorée. Les rebelles, soutenus par l’armée rwandaise, ont renforcé leurs positions et continuent leur avancée, exposant visiblement l’inefficacité de la stratégie congolaise et aggravant la crise humanitaire.
Le 10 décembre 2023, en pleine campagne pour sa réélection, à Goma dans l’Est du pays, le Chef de l’État Félix Tshisekedi avait promis la victoire imminente contre les rebelles du M23. Dans une allocution très vigoureuse et restée historique, il avait vivement critiqué le soutien du Rwanda aux rebelles, appelé à une mobilisation accrue pour la paix et la sécurité dans l’est de la RDC. Ces propos avaient soulevé une vague de ferveur patriotique et d’unité nationale qui ont contribué à son succès électoral et à la victoire de sa coalition, « Union sacrée », qui est extrêmement majoritaire à l’Assemblée nationale. Plus de sept mois plus tard, nous sommes très loin du compte et les mauvaises nouvelles s’enchaînent. De l’enfantement long et douloureux du gouvernement Suminwa à l’élection du bureau de la nouvelle Assemblée nationale, rien ne s’est fait pour prendre à bras-le-corps la mesure de l’urgence de la situation à l’Est du pays. Comme il fallait s’y attendre, la réalité a fini par s’imposer ! La progression du M23 sur le terrain des hostilités.
Promesses non tenues et réalités du terrain
Sur le terrain, les rebelles du M23, soutenus activement par l’armée rwandaise, renforcent leurs positions et conquièrent de nouveaux territoires. De mai 2023 à juillet 2024, ils ont doublé leur zone de contrôle dans le Nord-Kivu. Des villes stratégiques sont tombées. Le 30 juin, ils ont conquis sans grandes difficultés la ville de Kanyabayonga. Celle-ci donne accès au « Grand Nord » et à de nombreux centres urbains. Malgré le soutien des groupes d’autodéfense locaux, de la SADC, des compagnies militaires privées, les forces armées congolaises (FARDC) ont échoué à stopper l’avancée du mouvement M23 et de son allié rwandais, aggravant la crise humanitaire avec près de 1,5 million de déplacés. Depuis quelques semaines, la justice militaire en RDC condamne à mort, des soldats pour désertion et refus de combattre. En une semaine, près d’une cinquante de condamnations ont été prononcées. Dans un pays où l’engagement militaire est volontaire et professionnalisé, une telle situation ne peut qu’interroger sur l’encadrement, la formation des soldats et la doctrine.
Sur l’implication du Rwanda dans la guerre dans l’Est de la RDC, un nouveau rapport – un de plus – de l’ONU révèle que l’armée rwandaise dirige les opérations du M23 dans le Nord-Kivu. Le rapport rend Kigali responsable de leurs actions. Des preuves, telles que des images et des témoignages, confirment la présence de milliers de soldats rwandais. Il n’est pas exagéré, pour certains, d’affirmer que les rebelles du M23 sont les supplétifs de l’armée rwandaise. Selon ces observateurs, le Rwanda mène une guerre de conquête en RDC sous le couvert d’un prétendu mouvement rebelle.
L’implication étrangère : Rwanda et Ouganda en ligne de mire
Depuis la reprise des combats du M23 en novembre 2021, les Ougandais sont accusés de jouer un double jeu. Malgré un accord de coopération militaire avec Kinshasa visant à lutter contre les Allied Democratic Forces (ADF), les forces armées ougandaises sont accusées de soutenir activement le M23. Les enquêteurs de l’ONU ont documenté le transit régulier de troupes et de matériels à travers l’Ouganda. Les ADF sont des rebelles musulmans ougandais basés dans le parc des Virunga, dans l’est de la RDC, depuis 1995. Ils sont liés aux shebabs du Kenya et de Somalie et à l’idéologie djihadiste. Le mouvement a été rejoint par des recrues du Burundi, du Kenya, de la Somalie, de la Tanzanie et du Soudan, ainsi que par de jeunes Congolais. Ces rebelles se réclament de la « uslim Defense International », un mouvement radical fondé par Jamil Mukulu, accusé de meurtres et de crimes contre l’humanité. Ils vivent de trafics dans la forêt autour de Beni, où ils se sont installés, et exploitent l’or gisant dans la rivière Semliki, qu’ils commercialisent en Ouganda avec la complicité de commerçants locaux.
Dans cette situation qui menace l’intégrité et l’unité nationale de la République démocratique du Congo, mise à part la rhétorique, la riposte est loin d’être à la mesure des enjeux. La stratégie du gouvernement congolais est floue, erratique et inefficace. Il se montre incapable de construire des alliances diplomatiques et militaires solides contre le Rwanda alors que le pays a plusieurs atouts : le droit international et le fait qu’il soit l’agressé. Bien sûr, le Président Félix Tshisekedi dénonce vigoureusement l’agression rwandaise, mais malheureusement sans se donner les moyens stratégiques de la riposte.
Aujourd’hui, l’agression rwandaise n’est plus chimérique, est une réalité ! Doit-on continuer à pleurnicher ou plutôt se donner les moyens utiles et adaptés à la situation pour bouter hors du territoire national l’armée rwandaise, et sécuriser efficacement et durablement tout le territoire congolais contre toutes formes d’atteinte à la souveraineté de la RDC.
Il est temps pour le Président de la République et son gouvernement de passer à l’offensive afin de récupérer les territoires congolais arrachés par le Rwanda et permettre in fine aux populations locales actuellement en errance de retrouver leurs milieux de vie. La souveraineté du pays n’est pas marchandable. Ne dit-on pas que “qui ne risque rien n’a rien !”.
La Rédaction7
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