Dans sa tribune du 18 août 2026, Fernandez Murhola, Défenseur du Droit International des Droits de l’Homme et Commissaire National Honoraire des Droits de l’Homme de la RDC, décrit l’attitude à adopter par les Congolais face à l’agression du Rwanda qui dure depuis trois décennies. Le silence, relève-t-il, serait une abdication, la négociation de la souveraineté nationale, une faute et l’oubli, une complicité notoire. La seule réponse conforme au droit et à l’histoire est celle de la résistance. Car, face à l’imprescriptibilité du crime d’agression, seule l’imprescriptibilité de la résistance s’impose.
Fernandez Murhola note qu’entre 1996 et 2026, l’agression rwandaise n’a pas été un épisode, mais une entreprise. Mieux, une guerre de basse intensité, de haute prédation et de longue durée. Cette agression, précise-t-il, vise moins la conquête ouverte, elle compte sur l’épuisement d’un Peuple, la fragmentation d’un État et la banalisation des crimes imprescriptibles. Ainsi, martèle-t-il, face à cette stratégie rwandaise, le silence serait une abdication, la négociation de la souveraineté nationale, une faute et l’oubli, une complicité notoire.
C’est pourquoi, à la lumière du droit international, de la criminologie et de la philosophie politique, la seule réponse conforme au droit et à l’histoire est celle de la résistance. Car, face à l’imprescriptibilité du crime d’agression, seule l’imprescriptibilité de la résistance peut prévaloir.

Pour mieux fixer les esprits, il a abordé la problématique de l’agression rwandaise en deux temps : Le temps juridique et le temps moral. Ci-dessous, son argumentaire :
LE TEMPS JURIDIQUE : L’IMPRESCRIPTIBILITÉ DU CRIME D’AGRESSION
Depuis 1996, la République Démocratique du Congo subit une agression armée continue. Au sens de l’article 1er de la Résolution 3314 (XXIX) de l’Assemblée Générale de l’ONU du 14 décembre 1974, l’agression signifie : “l’emploi de la force armée par un État contre la souveraineté, l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un autre État”.
Ce fait juridique est aggravé par sa durée : 30 ans d’occupation, d’infiltration des Institutions régaliennes, de prédation par procuration, de soutien à des groupes armés, et de pillage des ressources naturelles.
En droit pénal international, certains crimes échappent au temps. L’article 29 du Statut de Rome de la CPI consacre le principe : les crimes relevant de la compétence de la Cour sont imprescriptibles. Ainsi, le crime d’agression, consacré à l’article 8bis du Statut de Rome, est le crime matrice. De lui découlent les crimes de guerre *art. 8*, les crimes contre l’humanité *art. 7* et les crimes de génocide *art. 6*, tous également imprescriptibles.
Conséquence juridique majeure : le temps ne blanchit pas l’agresseur. Aucune prescription, aucune amnistie, aucune “clause d’oubli” ne peut éteindre l’action publique. _Ex injuria jus non oritur_ : le droit ne naît pas de l’injustice, et l’occupation ne crée aucun titre.
LE TEMPS MORAL : L’IMPRESCRIPTIBILITÉ DE LA RÉSISTANCE
Face à un crime imprescriptible, le droit répond par un devoir imprescriptible. La Constitution de la RDC, art. 63, dispose : “Tout Congolais a le devoir sacré de défendre la Patrie”. Ce n’est pas une faculté. C’est une obligation _erga omnes_ envers la Nation.
Ici se pose le principe central de notre combat : L’imprescriptibilité de la Résistance face à l’imprescriptibilité du crime d’agression. Tant que l’agression n’a pas cessé et n’a pas été réparée, le devoir de s’y opposer demeure entier. Il ne se négocie pas, ne s’amnistie pas, ne se délègue pas !
Et ce devoir s’exprime en trois réponses catégoriques à la stratégie du Rwanda :
➡️ À l’agression, la résistance.
➡️ À la balkanisation, l’intangibilité.
➡️ À la fatalité, la victoire.
La philosophie politique fonde ce devoir : Pour Rousseau, “la souveraineté est inaliénable”, pour Fanon, “chaque génération doit découvrir sa mission” et pour Albert Camus, “il y a des moments où la seule manière d’avoir raison est de se révolter”.
De ce qui précède, Fernandez Murhola tire la sonnette d’alarme : “Cesser de résister avant la fin de l’agression, c’est prescrire un droit qui, par nature, ne se prescrit pas !”.
La Rédaction 7 - +243815024838





