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Pourparlers de Doha : Pour Félix Tshisekedi, la suite reste à déterminer, car le préalable à tout cela était le cessez-le-feu immédiat et inconditionnel

  • mars 20, 2025
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Pourparlers de Doha : Pour Félix Tshisekedi, la suite reste à déterminer, car le préalable à tout cela était le cessez-le-feu immédiat et inconditionnel
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Après sa rencontre avec Paul Kagame à Doha au Qatar sous la méditation de Son Altesse Sheikh Tamin bin Hamad Al Thani, le Président Félix Tshisekedi s'est confié au journal français « Le Figaro ». Au cours de l'interview, le Chef de l'État congolais a tenu à éclairer l'opinion sur les tenants et les aboutissants de son tête à tête avec son homologue rwandais.

Répondant à la première question sur le déroulé de la rencontre avec Paul Kagame, Félix Tshisekedi a affirmé que les discussions étaient conviviales.

“La réunion s’est déroulée dans une ambiance conviviale. Le travail avait été effectué en amont par les émissaires qatariens. J’avais rencontré l’un d’eux mi-février, en marge de la conférence de Munich sur la sécurité. La suite reste à déterminer, car le préalable à tout cela était le cessez-le-feu immédiat et inconditionnel. Les discussions doivent se poursuivre pour un règlement durable”.

Concernant le refus du M23 d’effectuer le déplacement à Luanda pour des négociations directes sous la méditation du Président angolais Joao Lourenço, Félix Tshisekedi a réaffirmé sa position en indiquant que ce sont des simples pantins.

“Ce refus du M23 confirme aux yeux de l’opinion publique tant nationale qu’internationale que ces violents activistes sont des pantins qui attendent de recevoir des ordres pour agir. Ils sont hostiles à la paix et motivés par une soif d’enrichissement personnel, qu’ils assouvissent dans chaque localité qu’ils occupent. Dans ces conditions, je ne vois pas comment on peut construire quelque chose de solide et de véritable avec ces inféodés. Il valait donc mieux discuter avec leur mentor. La recherche d’une solution définitive à la crise congolaise est guidée par les processus de dialogue de Luanda et de Nairobi, initiés par l’Union africaine, ainsi que par les organisations régionales soutenues par les Nations unies. La résolution 2773, votée à l’unanimité par le Conseil de sécurité de l’ONU, fin février, exige le retrait immédiat des troupes rwandaises du territoire congolais et la fin du soutien militaire rwandais au M23. Elle exhorte le groupe à caractère terroriste à cesser les hostilités et à se retirer des zones sous son contrôle”.

Par rapport au prétexte avancé par le M23 pour justifier son refus de se rendre à Luanda à cause des dernières sanctions de l’Union européenne qui renforceraient son régime, Félix Tshisekedi a mentionné que le conflit dure depuis des décennies et rien à voir avec son régime.

“Ce conflit, nous le traînons depuis le génocide de 1994. Le régime rwandais a, d’abord, voulu poursuivre les responsables hutus du génocide dans une véritable chasse à l’homme, puis il vient aujourd’hui piller nos minerais critiques. Cela a eu pour conséquence la déstabilisation de la région depuis trente ans. Dans cinquante ans, la région des Grands Lacs comptera 1 milliard d’âmes. Si nous ne vivons pas en paix, et j’appelle à une paix définitive, je vous laisse imaginer la catastrophe. Je redoute de nouveaux massacres, si rien n’est fait”. Et de poursuivre : “La communauté internationale se sentait responsable de ce drame et fermait les yeux sur les crimes commis en RDC. J’en veux pour preuve le rapport « Mapping » de 1993 à 2003 sur les exactions commises dans notre pays durant cette période, qui a été rangé dans les tiroirs des Nations unies. Comment peut-on accepter que certains achètent les matières stratégiques que le Rwanda vient piller chez nous, au prix du sang ? C’est pour cela que je salue la décision de l’Union européenne de prendre des sanctions contre des militaires rwandais et des cadres du mouvement violent M23. Ces mesures viennent s’ajouter à celles prises par d’autres pays partenaires comme la Grande-Bretagne, le Canada et les États-Unis. Elles confirment qu’indubitablement l’agresseur de la RDC s’appelle le Rwanda”.

Par ailleurs, le Président Félix Tshisekedi a également évoqué les réformes nécessaires au sein de l’armée congolaise pour garantir la sécurité et la stabilité du pays, notamment en réajustant la solde des militaires qui passe de 100 à 500$.

« La solde, qui était de 100 dollars par mois, a été relevée. Un militaire au front touche en moyenne 500 dollars », a déclaré Félix Tshisekedi.

Bien au-delà, Félix Tshisekedi considère que le vrai problème de l’armée congolaise est qu’elle n’est pas uniforme. Elle est hétéroclite, formée de l’intégration par petits morceaux de groupes armés ou de miliciens.

Pour le Chef de l’État congolais, les FARDC sont comme « un fourre-tout ».

“C’est un fourre-tout qu’il faut maintenant transformer en un seul corps, avec un seul état esprit. La réformer, c’est le prix à payer pour la paix et la sécurité », a fait savoir Tshisekedi. Enfin, il a rejeté l’idée d’une balkanisation de la RDC, affirmant avoir foi en la volonté du peuple congolais de préserver l’unité du pays, « indivisible », qu’il promet de défendre « de son vivant ».

Bien que des progrès aient été engrangés sur le plan diplomatique, le Président Félix Tshisekedi a averti que la paix durable ne pourra être atteinte que si les engagements pris sont respectés sur le terrain. Les discussions doivent se poursuivre tout en précisant que la situation actuelle reste fragile et que les efforts pour parvenir à un règlement politique complet doivent être soutenus par l’ensemble de la communauté internationale.

La Rédaction 7

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