100 jours d’Ebola en RDC : L’épidémie progresse avec plus de 5 200 cas confirmés, 2500 décès enregistrés. Il y a nécessité d’une réponse plus rapide et plus flexible pour endiguer la propagation meurtrière de la maladie
100 jours se sont écoulés depuis que la République Démocratique du Congo a déclaré l’épidémie d’Ebola en cours, devenue l’épidémie à la progression la plus rapide de l’histoire du pays. La transmission du virus continue de mettre à rude épreuve les capacités de contrôle, ce qui nécessite un renforcement considérable de l’ensemble des interventions afin d’enrayer sa propagation. En moyenne, environ 90 cas confirmés ont été enregistrés chaque jour au cours des trois premiers mois de surveillance, soit un rythme nettement supérieur à celui observé durant la même période lors des épidémies de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest et de 2018-2020 en République Démocratique du Congo. L’épidémie s’est désormais étendue à une sixième province, l’Ituri restant l’épicentre, avec environ 85 % des cas et 79 % des décès.
La République Démocratique du Congo fait face à sa 17e épidémie de maladie à virus Ebola, déclarée le 15 mai 2026. Elle est provoquée par la souche Bundibugyo, une espèce rare qui progresse à un rythme exponentiel. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) l’a classée comme la deuxième plus importante au monde en nombre de cas. Au 24 août 2026, la situation épidémiologique et opérationnelle se présente comme suit :
Bilan épidémiologique
Cas confirmés : 5 208 cas enregistrés en RDC.
Décès : 2 476 morts confirmés, avec un taux de létalité élevé d’environ 44 % à 46 %.
Guérisons : 1 115 personnes guéries.
Sous-déclaration : Les organisations médicales comme Médecins Sans Frontières (MSF) estiment que l’ampleur réelle de l’épidémie est largement sous-évaluée en raison de l’accès limité aux zones de conflit.

Zones touchées et extension géographique
L’épicentre se situe dans le nord-est du pays, mais le virus s’étend :
Ituri : Province la plus meurtrie, concentrant environ 90 % des cas confirmés (foyers actifs à Bunia, Mongwalu, Rwampara et Nyankunde).
Nord-Kivu : Progression inquiétante à Butembo (zone de Katwa) et détection d’au moins un cas à Goma, près de la frontière avec le Rwanda.
Autres provinces : Des cas ont été validés ou sont sous surveillance dans le Haut-Uélé, la Tshopo, le Sud-Kivu et le Bas-Uélé.
Menace régionale : L’Ouganda voisin a signalé 20 cas confirmés, et le risque de propagation reste majeur vers le Soudan du Sud, le Rwanda et le Burundi.
Malgré les difficultés, des efforts importants ont été déployés au cours des trois derniers mois dans le cadre de la réponse à l’épidémie. La capacité des laboratoires est passée d’un seul site de dépistage à 19 laboratoires, capables d’analyser plus de 3 000 échantillons par jour. La capacité de prise en charge des patients est passée de moins de 10 lits à plus de 1 300 lits, tandis que plus de 900 établissements de santé ont bénéficié d’un appui en matière de prévention et de contrôle des infections. Les activités d’engagement communautaire ont permis d’atteindre plus de 2,5 millions de personnes, et le suivi des contacts est passé de 9 % lors de la première semaine de l’épidémie à 84 % au 18 août.
Les efforts scientifiques progressent également, notamment à travers des essais cliniques sur des traitements potentiels, l’évaluation de vaccins candidats et le déploiement du premier test moléculaire de diagnostic de la maladie à virus Bundibugyo inscrit sur la liste d’utilisation d’urgence. Dans les pays voisins de la République Démocratique du Congo et au-delà, le niveau de préparation est renforcé grâce à une collaboration transfrontalière plus étroite, à l’harmonisation de la surveillance épidémiologique, au partage d’informations et à une planification conjointe visant à détecter et à contenir les cas importés.

Les autorités nationales, avec l’appui de l’OMS et de ses partenaires, renforcent la surveillance de la maladie et la recherche des contacts, développent les capacités de diagnostic en laboratoire et de prise en charge clinique, consolident les mesures de prévention et de contrôle des infections et collaborent avec les communautés afin d’encourager la notification précoce des cas et le recours rapide aux soins. L’OMS a déployé plus de 260 experts, acheminé plus de 330 tonnes de fournitures médicales et logistiques essentielles et alloué 5,6 millions de dollars des États-Unis pour financer les opérations d’urgence.
La maîtrise de cette épidémie nécessitera un leadership national soutenu, une forte mobilisation communautaire, un accès sécurisé aux populations touchées ainsi que des investissements continus afin de renforcer rapidement les opérations là où les besoins sont les plus importants. Les prochains mois seront cruciaux pour consolider les acquis des 100 premiers jours, combler les lacunes opérationnelles restantes et accélérer les efforts visant à détecter plus précocement les cas, interrompre la transmission du virus et sauver des vies.
Un survivant d’Ebola et Responsable communautaire invite, à cet effet, la population à rester vigilante et à se rendre immédiatement aux Centres de soins dès les premiers symptômes pour un traitement rapide et adapté. Ce qui augmentera les chances de guérison ainsi que l’éradication de l’épidémie.

”En tant que personne ayant survécu à la maladie d’Ebola, le message que je souhaite transmettre à ma communauté est le suivant : dès l’apparition des premiers symptômes, il est important de chercher rapidement des soins médicaux, car un accès précoce à un traitement adapté augmente les chances de guérison”. Emery Guba Mateso, responsable communautaire et survivant Ebola.
La Rédaction 7 - +243815024838





