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UNIKIN : Emmanuel Kabengele Kalonji sacré Master en Criminologie après la brillante défense publique de son mémoire devant un public select

  • septembre 6, 2025
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UNIKIN : Emmanuel Kabengele Kalonji sacré Master en Criminologie après la brillante défense publique de son mémoire devant un public select
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Le jeudi 4 septembre 2025, l'Ecole de Criminologie de l'Université de Kinshasa a organisé la défense publique d'un mémoire de Master en Criminologie de monsieur Emmanuel Kabengele Kalonji. L'étude menée par le récipiendaire a porté sur "Les perceptions des partenaires techniques et financiers sur la réforme de la Police nationale congolaise : Entre appui extérieur et déficit d'endogénéité".

Dans une salle comble, pleine comme un œuf, Emmanuel Kabengele Kalonji, avocat et acteur de la société civile, a tenu en haleine pendant plusieurs heures, aussi bien le jury que le public averti venu prendre part à ce rendez-vous académique. Avec une aisance déconcertante voire bluffante, il a défendu brillamment son étude et a résisté à tous les assauts des membres du Jury, constitué d’éminents professeurs dans plusieurs disciplines (Histoire, Droit, Sociologie, Criminologie, …). L’homme est resté droit dans ses bottes ! Avec maestria, il a répondu à toutes les questions au point où le public a cru assister à la défense d’une thèse de doctorat.

Au cœur de cette brillante défense se trouvait une question lancinante : pourquoi la réforme de la Police Nationale Congolaise (PNC), entamée il y a près de vingt ans, demeure-t-elle « inachevée » et « essoufflée » malgré le soutien continu des partenaires techniques et financiers (PTF) ?

Dans ses efforts de scientifique pour résoudre de cette énigme, Emmanuel Kabengele s’est appesanti sur l’analyse des perceptions de ces partenaires sur la réforme de la PNC, révélant un déficit d’endogénéité. Son étude, la première du genre, s’est appuyée sur une grille de lecture de Christian Debuyst et une approche épistémologique constructiviste, s’inscrivant ainsi dans l’interdisciplinarité qui fait la marque de fabrique de la criminologie moderne.

Le candidat a soutenu l’hypothèse audacieuse selon laquelle le processus de réforme de la Police nationale congolaise souffre d’un véritable déficit d’endogénéité. Selon lui, le faible leadership gouvernemental rend le pays dépendant d’une pluralité d’acteurs internationaux aux stratégies diversifiées, ce qui mène à une substitution des acteurs nationaux et à un retour sur investissement insatisfaisant.

En plus, Emmanuel Kabengele a soutenu que la gouvernance de la réforme est fragile, voire illusoire. Une gouvernance « cosmétique » ou « décorative » dont le rôle est souvent limité à un protocole formel. Un des enquêtés de sa recherche a même souligné la responsabilité du gouvernement congolais : “La responsabilité revient donc au pays qui ne sait pas canaliser les partenaires”. Les programmes d’aide, souvent calqués sur des modèles étrangers, ne sont pas « tropicalisés » et ne prennent pas en compte les spécificités locales.

Cette dépendance à l’aide extérieure se manifeste par un financement quasi-nul de la part du gouvernement, qui est “obligé de sauter sur tout ce qu’on lui amène, même si cela ne cadre pas avec les priorités nationales”. Ce qui crée des pratiques de substitution, où les partenaires étrangers supplantent les acteurs locaux dans l’exécution des projets, compromettant leur pérennité. Pour soutenir sa thèse, Emmanuel Kabengele a décrit le cas de l’Académie de Police (ACAPOL), construite avec des fonds de l’Union européenne mais aujourd’hui à l’abandon faute de viabilisation par l’État. Cela illustre parfaitement “l’horizon mythique de la pérennisation” évoqué par Olivier de Sardan.

À en croire les commentaires d’un membre du jury, Emmanuel Kabengele Kalonji, avocat et acteur de la société civile, en plus d’être un éminent criminologue, cache en lui une véritable force de caractère. En effet, le professeur MPIANA TSHITENGE, en le regardant droit dans les yeux, a déclaré avec un humour teinté de provocation : « Tu es vraiment Kalonji » ! Cette remarque, qui fait allusion au nom tshiluba du récipiendaire signifiant “le belliqueux”, a provoqué un rire général dans l’auditoire. Elle soulignait non seulement l’esprit combatif du candidat, mais aussi la qualité de son travail qui, à l’image du nom, n’a pas hésité à s’affirmer face aux théories établies. C’était une façon de dire, sur un ton à la fois taquin et admiratif : ton travail a du mordant, mon ami !

À l’issue de cet exercice réussi de bout en bout, et après des délibérations à huis clos, Maître Emmanuel Kabengele a été honoré avec la mention “Grande distinction”, marquant un jalon important pour l’école et pour lui-même. Non seulement il est le dixième diplômé de cette institution, mais il est surtout le premier de la deuxième promotion, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle génération de criminologues formés pour affronter les défis complexes de la sécurité nationale. Bravo le futur docteur en Criminologie !

La Rédaction 7 - +243815024838

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