Une année après son installation, le gouvernement que dirige la première ministre Judith Suminwa Tuluka est au cœur d'une controverse quant à son bilan. Pour l'équipe gouvernementale, le bilan est très positif, alors que pour les analystes de la scène politique congolaise, le bilan est mitigé. La population, quant à elle, estime que le gouvernement n'a pas rencontré ses attentes, plus encore n'a pas réussi à améliorer son vécu quotidien.
Évoquant son bilan, le gouvernement Suminwa se donne une côte élevée quant à sa gestion de la chose publique depuis le 12 juin 2024. Un sastifecit général gagne l’ensemble de l’équipe gouvernementale, qui dresse un bilan économiquement ambitieux et prometteur. Mais, le ressenti populaire lui est teinté de scepticisme, voire de frustration, face à un panier de la ménagère qui demeure désespérément sous pression.

Le bilan officiel met en avant quelques avancées, qu’en est-il en réalité ?
Un bilan « impressionnant », mais sur le papier !
Le gouvernement Suminwa a indéniablement hérité d’une situation économique complexe. Les indicateurs macroéconomiques, souvent mis en avant dans les bilans officiels, témoignent d’une certaine résilience. L’on parle de la stabilisation du franc congolais autour de 2.856 CDF/USD, de l’inflation réduite de 23,8 % à moins de 10 %, des réserves internationales en hausse de 6,15 milliards USD, et de la baisse des prix de certains produits de base comme le maïs… C’est dire que le discours officiel se veut résolument optimiste.
Cependant, cette vision positive se heurte à une réalité plus crue : celle du vécu quotidien des Congolais. Le coût de la vie reste prohibitif pour une grande partie de la population, et l’accès aux biens et services essentiels (alimentation, santé, éducation) demeure un défi constant. Les fruits de la croissance, si elle existe, ne semblent pas irriguer équitablement l’ensemble de la société.
Le panier de la ménagère sous pression : une réalité incontestable
Au cœur de cette dissonance entre discours officiel et réalité vécue se trouve la question du pouvoir d’achat. L’inflation, même maîtrisée selon les chiffres officiels, continue de ronger le budget des familles. Les prix des denrées alimentaires de base flambent, les transports deviennent de plus en plus onéreux, et l’accès aux soins de santé reste un luxe pour beaucoup.
Cette situation engendre un sentiment de précarité et d’incertitude généralisé. Les Congolais ont du mal à joindre les deux bouts, à nourrir leurs familles et à assurer leur avenir. Le fossé se creuse entre les élites qui bénéficient des opportunités économiques et la masse populaire qui lutte quotidiennement pour sa survie.

Que pensent les Congolais de ce bilan ?
Il est difficile de dégager un consensus clair sur l’appréciation du bilan Suminwa. Les opinions divergent en fonction du niveau de vie, de l’appartenance sociale et des affinités politiques. Cependant, un sentiment général de déception semble prédominer.
Beaucoup estiment que Suminwa et son gouvernement n’ont pas suffisamment pris en compte les préoccupations des populations les plus vulnérables. On leur reproche un manque de proximité avec les réalités du terrain, un discours trop optimiste déconnecté des difficultés rencontrées au quotidien, et un manque de mesures concrètes pour améliorer le pouvoir d’achat.

Quelles sont les aspirations des Congolais ?
Au-delà des critiques, les Congolais nourrissent des aspirations profondes. Ils aspirent à une vie digne, à la possibilité de se nourrir, de se loger, de se soigner et d’éduquer leurs enfants dans des conditions décentes. Ils rêvent d’un Congo où chacun aurait sa chance, où la corruption serait éradiquée, les détournements des deniers publics sévèrement punis et où la justice serait accessible à tous. Ils souhaitent un gouvernement qui les écoute, qui les comprenne et qui agisse en faveur de l’intérêt général. Ils veulent des politiques publiques qui répondent à leurs besoins réels, des mesures concrètes pour améliorer leur qualité de vie et un avenir meilleur pour leurs enfants. Mais, visiblement, il y a toujours de la coupe aux lèvres avec Judith Suminwa et son gouvernement.
Un sondage réalisé en octobre 2024 indiquait que 57,8 % des personnes interrogées jugeaient son bilan positif, tandis que 26,9 % le considéraient négatif et 11,3 % mitigé. Aujourd’hui, en 2025, on hésite à croire que les choses ont vraiment évolué positivement. Les tendances d’alors sont quasiment renversées à ce jour.
Pour les analystes, le gouvernement Suminwa semble nager dans un océan de voeux pieux d’autant plus que plusieurs de ses projets sont inachevés et bien plus, beaucoup de ses décisions n’ont pas été suivies d’actions concrètes sur le terrain.

Au regard de tout ce qui précède, l’on peut dire sans risque d’être contredit que l’avenir du gouvernement Suminwa ne tient plus qu’à un fil et dépendra sans doute de sa capacité à rebondir et à répondre, enfin, dans les plus brefs délais, aux attentes de la population, à mettre en œuvre des politiques efficaces et à restaurer la confiance dans les institutions.
Dès lors, la question de l’avenir politique de Judith Suminwa est donc posée. Sa reconduction à la tête du gouvernement en cas de remaniement est hypothétique. Beaucoup de chantiers restent encore à réaliser sur tous les plans.
Au vu de son bilan controversé, Judith Suminwa est-elle encore l’oiseau rare dont le pays a besoin pour son émergence ? Seul le Président Félix Tshisekedi a les cartes en main. Sur lui repose l’espoir de tout un peuple.
La Rédaction 7 avec Scoop RDC





