Agression de la RDC par le Rwanda : Fernandez MURHOLA met à nu la complicité implicite de l’Union Européenne. Malgré le caractère avéré de l’agression rwandaise, l’UE a maintenu des financements indirects destinés aux Forces rwandaises de défense (RDF)
De 1996 à 2026, soit 30 ans, révèle Fernandez MURHOLA, Défenseur du Droit International des Droits de l’Homme, dans sa Tribune d’Analyse Prospective du lundi 26 octobre 2026, plus de 1,5 milliard d’euros d’argent public européen, à travers les Fonds Européens de Développement, l’Appui Budgétaire Général, la Facilité Européenne pour la Paix et le programme Global Gateway, ont contribué à renforcer les capacités de nuisances du Rwanda en RDC. En dépit de vives critiques, d’accusations de « double standard » et de plusieurs rapports du Groupe d’experts de l’ONU démontrant l’implication directe de Kigali aux côtés des rebelles du M23 dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), l’Union Européenne a continué à accorder des financements indirects à Rwanda Defence Force (RDF).
La Tribune établit ainsi un fait probant que plus personne ne peut ignorer : l’appui budgétaire européen au Rwanda n’est pas neutre dans la tragédie de l’Est de la République Démocratique du Congo. La question n’est donc plus de savoir si l’Europe a voulu financer la guerre. La question est : l’Europe a-t-elle continué de financer, de légitimer et d’équiper l’appareil sécuritaire Rwandais en pleine connaissance des preuves de son implication dans la commission du GENOCOST et autres crimes imprescriptibles en RDC ? Sur la base exclusive des actes officiels publiés au Journal Officiel de l’Union Européenne et des Rapports S/2012/348, S/2023/431 et S/2024/432 du Conseil de Sécurité de l’ONU, consultés par Fernandez MURHOLA, la réponse est OUI.
Cependant, le Défenseur du Droit International des Droits de l’Homme a tenu à préciser que l’Union Européenne ne finance pas la guerre en République Démocratique du Congo avec un chèque marqué “M23”. Elle le fait par un système de fongibilité financière et politique beaucoup plus sophistiqué, qui repose sur trois piliers distincts qui, pris ensemble, rendent possible l’agression.
• Pilier 1 : L’Appui Budgétaire Direct – L’oxygène du Trésor
De Lomé IV à Cotonou puis Samoa, l’Union Européenne verse directement au Trésor Rwandais des centaines de millions d’euros pour financer santé, éducation et bonne gouvernance. Mécaniquement, chaque euro européen qui paie un hôpital libère un euro Rwandais qui peut payer un bataillon.
• Pilier 2 : L’Appui Sécuritaire – Le muscle
À travers la Facilité Européenne pour la Paix (EPF), créée en 2021 pour financer des armées étrangères, l’Union Européenne finance directement équipements, logistique et transport stratégique de l’Armée Rwandaise au Mozambique. C’est la première fois que l’Union Européenne finance ouvertement une armée accusée par l’ONU d’agression contre un autre État d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP).
• Pilier 3 : L’Appui Minier et Économique – Le blanchiment du butin
À travers le Memorandum d’Entente sur les matières premières critiques du 19 février 2024 et l’enveloppe Global Gateway de 900M€, l’Union Européenne offre au Rwanda la légitimité internationale pour exporter des minerais dont la géologie Rwandaise ne dispose pas.

Comprendre Cotonou à Samoa, c’est comprendre que sans le pilier 1, le Rwanda n’aurait pas eu les moyens de son armée ; sans le pilier 2, il n’aurait pas eu la capacité de projection ; sans le pilier 3, il n’aurait pas eu l’intérêt économique de rester en RDC, a démontré Fernandez MURHOLA. Le 23 juin 2000, l’Accord de Cotonou fait du Rwanda le “donor darling”, l’élève modèle de l’aide internationale. Ce statut lui confère une immunité politique quasi-totale.
Chronologie des financements européens
▶️ De 1995 à 2000 : 110 Millions €/FED 8 – L’AFDL de Laurent-Désiré Kabila, soutenue et encadrée par Kigali, traverse le Zaïre et prend Kinshasa (1996-1997).
▶️ De 2000 à 2007 : 155 Millions €/FED 9 – Appui Budgétaire Direct. C’est la doctrine : “Faire confiance”. Pendant cette période, le Groupe d’Experts ONU documente déjà le pillage du coltan par le RCD-Goma, proxy Rwandais.
▶️ De 2008 à 2013 : 290 Millions €/FED 10 – Kigali consacre 2,8% de son PIB à la défense, contre 1,2% la moyenne africaine. C’est l’âge d’or du Rwanda présenté comme le miracle Africain. Et pourtant, le 20 novembre 2012, le M23 prend Goma. Le Rapport S/2012/348 prouve que le M23 est une création rwandaise. L’Union Européenne suspend 20M€ symboliques du FED 10. 6 mois plus tard, tout est rétabli.
▶️ De 2014 à 2020 : 460 Millions €/FED 11 – Malgré le Rapport S/2012/348 et la preuve de la prise de Goma par l’armée rwandaise, l’Union Européenne signe 18 mois plus tard le plus gros chèque de son histoire au Rwanda : 460M€, soit +58% par rapport au FED 10. C’est ni plus ni moins la prime à l’agression.
Par ailleurs, Fernandez MURHOLA enfonce encore le clou en dénonçant le MoU sur les chaînes de valeur durables des matières premières critiques entre l’UE et le Rwanda. Contrairement au Communiqué officiel de la Commission du 19 février 2024 : “Le Rwanda est un acteur majeur dans l’extraction du tantale, il produit aussi de l’étain, du tungstène, de l’or, du niobium et a des réserves de lithium”, l’US Geological Survey affirme de son côté que le Rwanda ne possède que 0,3% des réserves mondiales de tantale. Et la RDC en possède 28%. Et pourtant, depuis 2015, le Rwanda est systématiquement dans le top 3 des exportateurs mondiaux de tantale. Comment un pays sans réserves devient-il un exportateur majeur ?, s’interroge l’auteur de la Tribune. C’est le chapitre économique le plus cynique et le plus rentable pour Kigali. Plus tard en Avril 2024, le M23/RDF prend le contrôle total de Rubaya et de sa mine de coltan de Luwowo. Rubaya produit à elle seule 15 à 20% du Coltan Mondial. L’UE ferme les yeux !
Pendant que l’Union Européenne continue de financer le Rwanda, la RDC pleure de son côté plus de 10 millions de morts, bilan macabre de l’agression rwandaise de 1996 à 2026.

De ce qui précède, Fernandez MURHOLA exige :
1. Suspension immédiate du MoU Minerais du 19 février 2024 et un audit indépendant de la Cour des Comptes Européenne sur l’usage de tous les fonds FED et EPF de 1996 à 2026, avec publication des bénéficiaires finaux.
2. Insertion dans l’Accord de Samoa d’une clause de suspension automatique de tout appui budgétaire et sécuritaire si le bénéficiaire est cité nommément par le Groupe d’Experts ONU pour soutien à un groupe armé, sans attendre une condamnation du Conseil de Sécurité.
3. Instauration d’un Mécanisme de Traçabilité Isotopique Contraignant : Aucun minerai de tantale, tungstène, étain ou or raffiné au Rwanda ne peut entrer en Union Européenne sans certificat d’analyse isotopique prouvant son origine géologique non-Congolaise, et vérifié par un laboratoire indépendant de l’ITSCI.
4. Création d’un Fonds de Réparation Financière : 100% des fonds EPF déjà versés au Rwanda (40M€) doivent être reversés dans un Fonds fiduciaire international pour la réparation des victimes de Rubaya, Masisi et Walikale. Ce fonds devrait être géré par la Société Civile Congolaise, comme reconnaissance de responsabilité partagée et non comme une aide humanitaire.
La Rédaction 7 - +243815024838





