Vatican/Élection du nouveau pape : L’américain Robert Francis Prevost a été élu Pape sous le nom de « Léon XIV »
L'élection du successeur de Pape François est intervenue ce jeudi 8 mai, au terme du deuxième jour de conclave. La fumée blanche est enfin apparue au-dessus de la chapelle Sixtine. Le cardinal américain Robert Francis Prevost a été élu 267e pape de l’Église catholique. Il prend le nom de Léon XIV, succédant à François, décédé le 21 avril dernier. Léon XIV, âgé de 69 ans, devient ainsi le premier souverain pontife originaire des États-Unis.
L’attente n’aura duré que deux jours. À 17h15, le protocardinal Dominique Mamberti a annoncé depuis le balcon de la basilique Saint-Pierre le nom du nouveau pape : Robert Francis Prevost, un cardinal américain d’origine italo-américaine, ancien missionnaire au Pérou et préfet du Dicastère pour les évêques depuis 2023. À 17h24, Léon XIV est apparu au balcon, sous les acclamations de la foule réunie sur la place Saint-Pierre.

Dans un premier discours sobre mais fort, prononcé en italien puis en espagnol, le nouveau souverain pontife a exprimé sa gratitude envers son prédécesseur, le pape François, et a souligné sa volonté de poursuivre une Église tournée vers le dialogue, la proximité avec les plus vulnérables et la paix. « Que la paix soit avec vous tous », a-t-il lancé, avant d’appeler à « construire des ponts » et « aller de l’avant sans peur, unis, main dans la main avec Dieu et entre nous ».
Connue pour sa discrétion, sa modération et sa capacité d’écoute, cette figure respectée de la Curie est un choix symbolique fort dans un contexte de fragmentation au sein de l’Église. Sa longue expérience missionnaire en Amérique latine, notamment au Pérou, a façonné une sensibilité pastorale centrée sur l’humilité, la justice sociale et l’accompagnement des peuples.
Léon XIV est apparu dans une tenue papale sobre, fidèle à l’héritage de François, qui avait marqué les esprits dès 2013 par une simplicité volontaire devenue sa marque. Le choix du nom « Léon », porté pour la dernière fois en 1878 par Léon XIII, peut signaler un pont entre tradition doctrinale et réformes sociales, deux axes qu’il pourrait tenter de concilier durant son pontificat.
Avec Léon XIV, l’Église catholique entre dans une nouvelle ère : celle d’un pape nord-américain, missionnaire dans l’âme, résolument tourné vers l’écoute et la paix. Reste désormais à observer les premiers gestes de son pontificat, qui pourraient en dire long sur l’orientation qu’il entend donner à une Église confrontée à de nombreux défis contemporains.

Après l’annonce révélant le nom du nouveau Souverain pontife, les réactions fusent de partout à travers le monde, parmi lesquelles celle du Président américain Donald Trump et du premier ministre canadien.
« Quelle excitation et quel grand honneur pour notre pays », a salué Donald Trump.
Mark Carney espère quant à lui un pontificat marqué « par la sagesse et le discernement ».
« Que son pontificat soit marqué par la sagesse, le discernement, un attachement profond au bien commun et la dignité pour tous », a-t-il déclaré.
Choix du nom de Léon XIV
Le choix de « Léon XIV » comme nom de règne par l’Américain Robert Francis Prevost n’a rien d’anecdotique et éclaire au contraire sur la « marque sociale » qu’il entend donner à son pontificat, selon des experts. Une fois élu, un pape n’a que peu de temps pour choisir son nom avant d’être présenté au public sur le balcon de la basilique Saint-Pierre. Sa décision traduit en général l’admiration d’un précédent souverain pontife, la volonté de marquer une continuité ou au contraire une rupture.
Ce choix est souvent « le premier signe qu’un nouveau pape donne sur la marque qu’il entend donner à son pontificat », selon qu’il prend le nom d’un pape conservateur ou progressiste, confirme le vaticaniste John Allen dans un livre sur les conclaves.
Ici le message est limpide : Léon XIII, dernier souverain pontife à porter ce nom avant le nouveau pape et qui a régné de 1878 à 1903, est avant tout connu pour avoir dénoncé dans une encyclique « la concentration, entre les mains de quelques-uns, de l’industrie et du commerce (…) qui imposent ainsi un joug presque servile à l’infinie multitude des prolétaires ».

C’est « le pape de l’enseignement social, avec son encyclique de 1891 “Rerum novarum” qu’on peut traduire par “Les grandes innovations”, il y a là une marque sociale évidente », confirme François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux et auteur du livre Le Vatican. La papauté face à un monde en crise. « A l’époque, en 1891, la question était celle de la justice sociale, de la question ouvrière », rappelle-t-il.
En filigrane, le nouveau pape laisse donc entendre par le choix de son nom que « la thématique va être reprise, à la fois par rapport aux dérives de la mondialisation, mais également par rapport à des enjeux sociétaux plus larges comme par exemple l’intelligence artificielle », estime M. Mabille.
La Rédaction 7 avec Actu Cameroun et le Monde





