L’affaire Fally Ipupa vs Virginie Manganga est un dossier judiciaire en cours à Kinshasa opposant la chroniqueuse musicale et animatrice de l’émission « À Pluriel », Virginie Manganga, à la star de la rumba congolaise, Fally Ipupa. L’affaire a éclaté à la suite de déclarations et de diffusions de contenus sur les réseaux sociaux par la chroniqueuse concernant la vie privée du chanteur. Estimant que son intimité et son honneur étaient bafoués, Fally Ipupa a déposé une plainte formelle. Ses avocats, sous la conduite de Maître Dorothée Madiya, soutiennent que la célébrité de l’artiste ne suspend pas son droit constitutionnel à la vie privée et dénoncent les dérives informationnelles sur l’Internet.
À la suite de cette plainte, Virginie Manganga a été interpellée par la justice et placée dans un premier temps en garde à vue avant d’être transférée en détention provisoire à la prison centrale de Makala (CPRK) pour une première période de 15 jours. Le mardi 29 septembre 2026, le procès a officiellement débuté au Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa (CPRK) devant le Tribunal de paix de Kinshasa/Gombe.
En réaction à la procédure engagée contre Virginie Manganga, le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) section Kinshasa, Jean-Marie Kassamba, a publiquement contesté la procédure d’arrestation de la journaliste, fustigeant ce qu’il qualifie de « rapport de force » imposé à la presse.

Quels sont les chefs d’accusation retenus contre Virginie Manganga ?
La justice poursuit la chroniqueuse principalement pour des infractions liées au traitement d’éléments relevant de l’intimité d’autrui. Elle est officiellement inculpée pour :
• Diffamation
• Atteinte à la vie privée
• Complot
La cause directe : L’affaire découle d’un livestream diffusé en ligne (notamment sur TikTok) le 25 août 2026, au cours duquel elle recevait une invitée nommée Colette Mutuza. Cette dernière y a formulé des allégations sur une relation intime présumée avec l’artiste. Les avocats reprochent à Virginie Manganga d’avoir relayé et commenté un élément sonore à caractère sexuel attribué à Fally Ipupa sans en vérifier l’authenticité, jetant ainsi le discrédit sur lui.
Pour le collectif de défense de Fally Ipupa, le Droit fondamental à l’intimité a été violé. Les avocats soutiennent que la célébrité de l’artiste ne suspend pas ses droits constitutionnels.

« La célébrité ne prive pas une personne de ses droits […] et les réseaux sociaux ne peuvent pas abolir le droit à la vie privée », a insisté Me Dorothée Madiya, tête d’affiche du collectif.
Ensuite, ils ont établi une nette démarcation entre la profession de journaliste et les dérives commises sur Internet. Virginie Manganga a agi en tant que tiktokeuse et a transformé une correspondance privée en divertissement collectif. Par ailleurs, le collectif a annoncé que des procédures similaires sont également engagées à l’étranger, notamment en France et en Australie, concernant les mêmes fuites de contenus privés.
Du côté de Virginie Manganga, une plainte contre Me Dorothée Madiya a été déposée au Barreau de Kinshasa. Dans une correspondance officielle adressée au Bâtonnier du Barreau de Kinshasa/Gombe, la chroniqueuse accuse Me Dorothée Madiya d’avoir violé le secret professionnel et la déontologie en déballant le fond de l’affaire devant les médias sans autorisation préalable. Elle conteste également le fait d’avoir été publiquement rabaissée au statut de simple « tiktokeuse ».
Des associations de défense des droits des femmes des médias ont aussi donné de la voix. L’ACOFEPE dénonce une arrestation disproportionnée et réclame le strict respect des droits de la défense pendant le déroulement du procès à la prison de Makala. Elle a également rappelé le principe de présomption d’innocence, selon lequel toute personne poursuivie demeure présumée innocente jusqu’à la décision judiciaire définitive.

Demande de mise en liberté provisoire en faveur de Virginie Manganga
Lors de la deuxième audience tenue, le mardi 7 octobre 2026, les avocats de Virginie Manganga, se référant à l’article 32 du Code de procédure pénale, ont sollicité auprès du tribunal la mise en liberté provisoire de leur cliente.
Après examen, le tribunal a rejeté la demande. La défense a toutefois indiqué son intention d’interjeter appel contre cette décision.
La troisième audience pourrait avoir lieu dans deux semaines. Elle sera consacrée à la poursuite de l’instruction et au début de l’examen du fond du dossier.
La Rédaction 7 - +243815024838





