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Gouvernance sécuritaire en RDC : Quand la réponse militaire alimente le chaos — L’éclairage scientifique décisif d’Emmanuel Kabengele et Joël Nzampungu sur le piège de l’« insécurité sécurisée »

  • octobre 3, 2026
  • 5 min read
Gouvernance sécuritaire en RDC : Quand la réponse militaire alimente le chaos — L’éclairage scientifique décisif d’Emmanuel Kabengele et Joël Nzampungu sur le piège de l’« insécurité sécurisée »
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La République Démocratique du Congo traverse l’une des crises de gouvernance sécuritaire les plus complexes de son histoire moderne. C’est dans ce contexte crucial que vient de paraître, au sein de la prestigieuse revue thématique East African Journal of Crime and Security (Vol. 1, 2026), une étude scientifique percutante intitulée « La spirale de l’« insécurité sécurisée » en RDC : Analyse criminologique de la réaction sociale et des conditions d’une légitimité ascendante ». Ce travail d’une rigueur académique exemplaire offre une grille de lecture novatrice qui bouscule les paradigmes militaires traditionnels et met à nu les causes profondes de la pérennisation des conflits congolais.

‎La force exceptionnelle de cet article scientifique réside dans la stature et la complémentarité scientifique de ses deux auteurs, reconnus comme des experts en matière de sécurité intérieure.

‎Me Emmanuel Kabengele Kalonji, Coordonnateur emblématique du Réseau pour la Réforme du Secteur de Sécurité et de Justice (RRSSJ), Avocat au Barreau du Kasaï-Oriental, Diplômé d’Études Supérieures et Doctorant en criminologie (Sécurité intérieure), est un acteur incontournable de la société civile stratégique. Il apporte une connaissance intime et pragmatique des rouages institutionnels, du terrain opérationnel et des dynamiques de réforme sécuritaire.

‎Le professeur Joël Nzampungu Imbole : Docteur en Sciences de l’Information et de la Communication et Doctorant en criminologie (Sécurité Intérieure), son expertise conceptuelle enrichit l’étude d’une finesse théorique remarquable.

‎En unissant leurs forces, ces deux spécialistes opèrent une synthèse brillante entre la méthodologie qualitative empirique (enquêtes de terrain, focus groups, triangulation via NVivo) et la criminologie critique internationale.

‎Mobilisant le paradigme criminologique de la réaction sociale, les auteurs démontrent de manière irréfutable que la réponse exclusivement punitive et hyper-militariste de l’État agit comme le premier catalyseur des insurrections. En étiquetant hâtivement de « terroristes » ou de « rébellions » des revendications foncières et coutumières légitimes, l’appareil répressif ferme les voies de négociation et précipite les citoyens marginalisés dans la déviance secondaire, c’est-à-dire l’engagement milicien comme stratégie d’autodéfense et de survie. L’étude met en lumière une dualité spectaculaire des crises en RDC :

‎À l’Est (Kivu, Ituri) : L’accumulation d’exactions, l’emprise de réseaux criminels hybrides exploitant les minerais et l’étiquetage des civils entretiennent un piège sécuritaire où la population subit la double pression des groupes armés et de soldats précarisés.

‎À l’Ouest (Kwamouth-Maluku) : Un simple litige foncier et coutumier autour de la redevance Ibonza s’est métamorphosé, sous l’effet du déni institutionnel et de la brutalité policière, en une insurrection armée majeure de la milice Mobondo (plus de 5 000 morts, 280 000 déplacés, 70 % des fermes du Plateau des Bateke abandonnées et 34 barrières d’extorsion).

‎Cet article de recherche dresse un bilan sans concession des blocages structurels qui paralysent l’Etat de droit en RDC :

‎▶️ Défaillance du système pénal : Seuls 30 % des cours et tribunaux prévus par la Constitution sont fonctionnels sur le territoire national. La part du budget allouée à la Justice s’est effondrée de 2,21 % en 2020 à 1,32 % en 2026. L’accès au juge étant monétisé (« la loi du plus offrant »), les perdants spoliés basculent massivement vers des justices parallèles et les milices armées.

‎▶️ Anachronisme des renseignements (ANR) : Régie par un décret-loi pré-constitutionnel de 2003, l’ANR opère sans loi-cadre ni contrôle parlementaire, exerçant de fait des prérogatives de police judiciaire, source d’arrestations arbitraires.

‎▶️ Inachèvement des réformes FARDC et PNC : Infiltration due à l’intégration sans filtrage d’anciens rebelles, précarité extrême des soldats, paralysie de l’Inspection Générale de la PNC par manque de décret d’application, et blocage de la Police de Proximité.

‎▶️ Impasse du P-DDRCS : Sous-financement et lenteurs bureaucratiques qui transforment les camps de transit en antichambres de la faim, poussant les démobilisés à retourner au maquis.

‎En conclusion de cette analyse magistrale, Emmanuel Kabengele et Joël Nzampungu affirment qu’aucune solution durable ne viendra de la force brute ni de la surenchère répressive. La vraie pacification de la RDC exige un changement paradigmatique radical : la transition vers une co-construction ascendante (bottom-up) de la sécurité humaine, réhabilitant le dialogue intercommunautaire, la justice restaurative, la régulation foncière concertée et la légitimité relationnelle entre le citoyen et les forces de l’ordre.

‎À travers cette publication scientifique d’impact international, c’est toute la puissance intellectuelle et l’utilité sociale de l’école de criminologie, portée avec brio par l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et le Centre de Criminologie et de Pathologie Sociale (CCPS), qui se trouvent brillamment consacrées. En s’imposant comme un espace d’excellence académique capable de produire un savoir critique, rigoureux et directement applicable aux défis sécuritaires modernes, l’École de criminologie confirme son rôle stratégique indispensable : celui d’une boussole scientifique éclairant les décideurs publics, d’un laboratoire d’idées novatrices et du véritable berceau de la refondation républicaine en République Démocratique du Congo.

‎Pour rappel, le concept d’« insécurité sécurisée », théorisé par Oxfam et approfondi scientifiquement dans cet article, désigne le paradoxe tragique où l’intensification de la présence militaire et policière dans des zones déclarées « pacifiées » produit le résultat inverse de celui escompté. Privés de soldes régulières et de moyens logistiques, les agents de l’État transforment la coercition publique en outil d’extorsion économique (barrières illégales, arrestations arbitraires, taxes informelles). L’État substitue ainsi la sécurité du régime au détriment de la sécurité humaine, devenant lui-même perçu comme un prédateur par les citoyens qu’il est censé protéger.

‎La Rédaction 7 - +243815024838

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