Situation sécuritaire en RDC : Après plusieurs jours de silence, la Belgique condamne enfin la création du FRN et la prise de sa direction par Joseph Kabila. Ses eurodéputés exigent des sanctions ciblées contre le nouveau chef rebelle et le Rwanda
Par la voix de son Vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, la Belgique a condamné sans réserve la création du Front pour la refondation de la nation (FRN) et la prise de sa direction par l’ancien président Joseph Kabila, qualifiant cette démarche d’incompréhensible, d’inacceptable et de profondément illégitime. Elle rejette avec fermeté le recours aux armes pour conquérir le pouvoir politique et réaffirme son approche fondée sur le dialogue et la recherche de solutions pacifiques. Ses eurodéputés, Elio Di Rupo et Hilde Vautmans, appellent l’Union européenne à sanctionner Joseph Kabila et les responsables rwandais accusés de soutenir le M23 devenu FRN. Ils dénoncent le silence européen face à la crise dans l’Est de la RDC et exigent une action diplomatique et humanitaire renforcée.
Lors d’une intervention officielle concernant la situation dans l’Est de la République démocratique du Congo devant la Commission belge des relations extérieures de la Chambre des représentants, le mercredi 21 octobre 2026, le chef de la diplomatie Maxime Prévot a rendu publique la position officielle de la Belgique face aux récents événements en RDC.
La réaction officielle de la Belgique a été principalement motivée par deux circonstances majeures : en premier lieu, la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN) sous la direction de Joseph Kabila, le 12 octobre 2026 à Goma ; en deuxième lieu, la propagation de rumeurs et de désinformation au sujet des perquisitions menées récemment par la justice en Belgique.

Face au choix de Joseph Kabila d’accéder au pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques, la Belgique a exprimé sa vive préoccupation et a condamné sans équivoque cette démarche, la qualifiant d’illégitime, d’incompréhensible et d’inacceptable. Nul ne peut prétendre agir dans l’intérêt du peuple congolais en s’attaquant aux institutions de son propre pays et en alimentant une escalade armée qui ne fait qu’aggraver les souffrances des civils. Cette voie est profondément illégitime et ne conduit ni à la stabilité, ni à la paix, ni à la démocratie. Celui qui l’emprunte, devra en assumer pleinement la responsabilité, a martelé le VPM Belge des affaires étrangères.
Concernant les rumeurs et la désinformation qu’il qualifie d’allégations fantaisistes et des théories complotistes, le chef de la diplomatie belge a tenu à clarifier fermement qu’il n’existe absolument aucun lien entre les perquisitions et la position diplomatique belge sur l’Est de la RDC. Pour lui, cette campagne avait pour objectif de fragiliser les relations bilatérales historiques et sincères entre les deux pays. Il a, à cet égard, réaffirmé l’excellence des relations entre la Belgique et la République Démocratique du Congo, et la volonté inébranlable de les maintenir à un haut niveau de confiance.
En outre, pour la Belgique, il n’existe aucune solution militaire à la crise en République démocratique du Congo (RDC). Raison pour laquelle elle exhorte les parties à privilégier les négociations, notamment à travers les processus de paix de Doha et de Washington, à préserver les acquis de ces processus, à savoir : la mise en œuvre des engagements souscrits, le respect du cessez-le-feu et la protection des populations civiles.
« Toute escalade armée ne ferait qu’aggraver les souffrances d’une population qui demeure la première victime de rivalités et d’ambitions qui la dépassent. Cette violence insensée doit stopper », a souligné Maxime Prévot.

De leur côté, deux eurodéputés belges, Elio Di Rupo et Hilde Vautmans, après avoir dénoncé le silence européen face à la crise dans l’Est de la RDC, ont appelé l’Union européenne à sanctionner Joseph Kabila et les responsables rwandais accusés de soutenir le M23, aujourd’hui Front pour la Refondation de la Nation. Ils exigent une action diplomatique et humanitaire renforcée.
Selon eux, l’ampleur de la crise sécuritaire et humanitaire en RDC impose à l’Europe de dépasser les déclarations de condamnation pour engager des actions diplomatiques et humanitaires concrètes. Ils présentent le FRN comme une nouvelle étape dans l’escalade politique et sécuritaire en RDC. Ils accusent notamment Joseph Kabila de s’associer au M23, groupe armé soutenu par le Rwanda, et d’encourager une démarche susceptible de menacer davantage la stabilité du pays. Les deux élus demandent, en conséquence, à l’Union européenne d’envisager des sanctions ciblées contre lui et les dirigeants de son mouvement, ainsi que contre les responsables rwandais impliqués.
La Rédaction 7 - +243815024838





